Présidentielle française : des références littéraires pour résumer la scène politique, version Alain Juppé

Le compte à rebours a commencé ; le premier tour du scrutin pour désigner le successeur de celui qui aura marqué les esprits en étant très probablement le président le moins efficace de la 5e république, aura lieu dans tout juste 3 semaines, le 23 avril prochain.

On a du mal à départager le tiercé de tête des 11 candidats, dans un mouchoir de poche à en croire les sondages. Marine Pen a su assainir l’image du Front National ces dernières années et a décidément le vent en poupe. Quant au jeune loup Emmanuel Macron, son ascension après un bref passage dans les rangs du gouvernement socialiste de François Hollande fut pour le moins fulgurante et le nombre des personnalités politiques à lui apporter leur soutien n’a eu de cesse d’augmenter. Enfin, il y a l’inlassable François Fillon qui s’obstine sans vergogne à rester candidat de la droite et du centre en dépit de ses récents et très médiatisés démêlés avec la justice (qui, il faut le signaler, vise coûte que coûte le pauvre candidat Fillon avec un méchant projet d’assassinat politique… selon Fillon lui-même en tout cas).

Sinon, il y a les 8 autres candidats en lice, ainsi que ceux qui furent un temps candidat, mais dont les primaires ont eu raison de leurs candidatures comme Alain Juppé, Manuel Valls ou encore le fantôme politique préféré de nous tous, qui a la fâcheuse tendance à revenir de l’au-delà politique – un dénommé Nicolas Sarkozy.

SARKO PROMESSE.png

Loin d’une analyse politique (car cela, on en est franchement inondé dans les médias, et ce à juste titre), ce billet de blog entend relever quelques citations de la littérature française qui décrivent bien les acteurs du feuilleton politique auquel assiste la France depuis quelques mois.

Ce premier volet met à l’honneur Alain Juppé, qu’on résumera à coup d’extraits de L’isolement d’Alphonse de Lamartine.

ALAIN JUPPE = L’isolement 

1) L’héritier de Chirac, candidat malheureux de la primaire de la droite et du centre de novembre dernier avait le moral en berne après avoir perdu:

 

zJP BLUES LEPARISIEN
Source: Le Parisien

Voilà donc que ces lignes du poème lui vont à merveille ;

Je parcours tous les points de l’immense étendue,

Et je dis : « Nulle part le bonheur ne m’attend. »

[…]

Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne,

Au coucher du soleil, tristement je m’assieds ;

Je promène au hasard mes regards sur la plaine,

Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

 

2) A son retour à Bordeaux, le maire de la capitale du vin, qui s’apitoyait sur son sort, a été très chaleureusement accueilli par les employés de la mairie, comme en témoigne cette une du quotidien régional Sud Ouest :

zJP STANDING OVATION SUDOUEST.png

Cependant, il n’est pas sûr que cela l’ait aidé à renouer avec le bonheur. La citation suivante lui va bien :

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente

N’éprouve devant eux ni charme ni transports ;

Je contemple la terre ainsi qu’une ombre errante :

 

3) L’ancien premier ministre de Chirac et ministre des affaires étrangères de Sarkozy a voulu très vite oublier la plus haute sphère de la politique, comme si de rien n’était :

zJP PARLEZ PLUS LEPARISIEN 

Ce qui n’est pas sans rappeler les lignes suivantes :

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,

Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?

Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,

[…]

Qu’importe le soleil ? je n’attends rien des jours.

 

4) Et puis, quand on a évoqué la possibilité qu’il se présente comme plan B compte tenu des difficultés de la candidature de Fillon, et qu’il a répondu qu’il n’incarnait visiblement pas le renouveau dont la vie politique française avait besoin, on aurait pu résumer son discours comme suit :

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,

Mes yeux verraient partout le vide et les déserts ;

Je ne désire rien de tout ce qu’il éclaire ;

Je ne demande rien à l’immense univers.

 

5) Enfin Juppé a déclaré après la primaire qu’il s’agissait de la fin de sa vie en tant qu’homme politique :

zJP DERNIER COMBAT LEPOINT

 

 

Ceci trouve écho chez Lamartine comme suit :

Le soleil des vivants n’échauffe plus les morts.

[…]

Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,

Ce que j’ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

[…]

Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :

Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !

 

****

Prochain billet : François Fillon.

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